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mardi 28 octobre 2008

Le plan de l'excellente conférence d'Alexis Berthier sur les élections américaines du 23/10/2008



Université Populaire de Boston - 23 octobre 2008

Penser les élections présidentielles américaines

Le système électoral américain
et les élections de 2008



I - Le système électoral américain

I – A. D’un point de vue constitutionnel

1 . Le Collège électoral
• Origines et raison d’ être
• Fonctionnement
• Critiques et débat

2 . Le Ticket électoral
• Le système initial et sa crise
• Le 12e amendement et le système actuel
• La désignation du running mate » : un choix politique

I - B . D’un point de vue institutionnel

1 . Les partis politiques
• Le bipartisme américain
• L’évolution du système partisan
• Philosophie politique, courants politiques et hétérogénéité des partis

2 . Les primaires
• Origine des primaires
• Organisation
• Le rôle de l’Iowa et du New Hampshire et les plans de réforme

I - C . D’un point de vue opérationnel

1 . Les acteurs opérationnels
• Les partis nationaux
• Les syndicats
• Les comités 527 et les Comités d’Action Politique
• Les lobbies
• Les think tanks
• Les sondeurs
• Les médias
2 . La levée de fonds

3 . Les machines de campagne et la mobilisation de l’électorat

II - Le cycle électoral 2008

II - A . Caractéristiques générales


1 . La longueur du cycle et ses conséquences

2 . Les thèmes dominants

3 . Une levée de fonds sans précédent

II – B . Les segments clés de l’électorat


1 . Le vote féminin
2 . Le vote des communautés religieuses
3 . Le vote latino
4 . La cible clé : le vote masculin, blanc, de classe moyenne

II – C . La redéfinition partielle de la carte électorale

1 . Les avancées républicaines dans certains bastions démocrates
2 . La vague Obama et la mise en jeu de nouveaux états
3 . Le Missouri, « bellwether State »
4 . Près de chez nous : le New Hampshire

II – D . « Down the ballot » :les autres enjeux

1 . Le Sénat
2 . La Chambre
3 . Les Gouverneurs
4 . L’impact de la présidentielle sur ces courses


II – E . Quelques inconnues

1 . Le vote des jeunes
2 . Le vote de la communauté noire
3 . Le « Bradley effect »

dimanche 10 février 2008

Géopolitique de la Méditerranée VI :Cosa Nostra, une géopolitique du crime









Gorgias (de Leontium, Sicile) : « rien n’existe » surtout pas Cosa Nostra comme dirait le capo dei tutti capi Riina
(http://www.youtube.com/watch?v=o02XJ12E0Mo&feature=related)

Don Vito Corleone : « Je vais te faire une proposition que tu ne pourras pas refuser »

Ces deux citations illustrent deux dimensions fondamentales de l’activité mafieuse :

1. Les règles rigides et notamment la loi du silence


2. L’échange de service obligatoire, à la base des deux activités de base de Cosa Nostra, la violence et le marché

A noter que ces deux siciliens sont en fait des émigrés, faisant partie de la diaspora, qui met en avant l'importance de l'espace dans ce cours et, dans ces deux cas, celui du réseau.

Est-ce que la mafia existe, pour répondre à ce que nous dit Gorgias?

Introduction : Les activités mafieuses

En 1986, 475 associés de Cosa Nostra sont mis en cause tous ensembles au cours du « Maxi-procès » de Palerme. 344 d’entre eux sont condamnés à 2 655 années cumulées de prison pour appartenance à l’organisation mafieuse ou pour trafic de drogue. Les 8 607 pages de l’acte d’accusation démontrent pour la première fois l’existence de l’organisation mafieuse sicilienne - jusqu’alors controversée voire niée - et son engagement dans le trafic international de drogue.

Qu’est ce qu’une mafia ? Une mafia est une société secrète fondée sur les liens du sang, donc ne famille de pouvoir qui a une assise territoriale forte et un réseau étendu.

Ces familles de pouvoir reposent sur des valeurs et des comportements particuliers, elles sont cloisonnées et dépendent de règles qu’on ne transgresse qu’au péril de sa vie.

En outre, toute mafia nait sur un vide de pouvoir et lorsque ce pouvoir, les Etats se mettent en place, elle lui fait concurrence pour le contrôle des territoires == > Une mafia est un Etat dans l’Etat avec ses sujets, sa hiérarchie, sa morale, ses impôts, ses lois et ses forces armées.

Quatre organisations basées en Italie sur la dizaine que compte le monde répondent à l’appellation de « mafia »: la 'Ndrangheta en Calabre, la Sacra Corona Unita dans les Pouilles, la Camorra en Campanie, et la Cosa Nostra, basée en Sicile, considérée comme l'organisation criminelle la plus importante d'Europe. Outre l’Italie, elle a des ramifications en Allemagne, en France, en Suisse, en Grande-Bretagne, en Russie, au Canada et aux USA. Déjà célèbre pour ses activités criminelles, elle a déclenché un vaste mouvement d'opposition en Italie à la suite des attentats contre les juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino.

Quelles remarques préliminaires sur la mafia en général et la Cosa Nostra en particulier :

1. La mafia a une assise territoriale stricte mais tend à étendre ses activités spatialement en réseau ==> La mafia est donc un acteur territorial ==> elle produit du territoire (cf. Colette Vallat)
2. Origine de la mafia dans les années 1860 lors constitution nation italienne et la fin de la féodalité et des profits faramineux du commerce de citrons ==> vide de pourvoir et se pose en alternative, tout en mettant en place des structures de prédations de l’économie

Relation très forte en le pouvoir et le territoire : c’est en ce sens qu’il s’agit de géopolitique, des relations de pouvoir sur des territoires

Quelles sont les caractéristiques des activités mafieuses :

Celles-ci peuvent être classées selon la typologie suivante :
1) structurelles : directement liées au contrôle du territoire et donc à la conservation de l’organisation – racket le « pizzo », extorsion, usure, pillage du système socio-économique local public ou privé, ce sont les activités originelles

2) contingentes : liées à des conditions spécifiques qui parfois favorisent et abritent certains activités très rémunératrices : - contrebande de produits licites (tabac, déchets, armes) trafic de produits illicites (drogue, armes de guerre), délits de prédation (enlèvements, vol de troupeaux, vols), contrefaçon, fausse monnaie, machines à sous, paris clandestins, etc. ce sont les activités celles qui ont permis le développement, notamment la drogue et la fortune de Cosa Nostra depuis les années 30’s et Lucky Luciano

3) instrumentales : complémentaires par rapport aux deux autres catégories ou liées au fonctionnement de l’organisation - homicides, corruption, blanchiment d’argent et investissement de capitaux dans l’économie licite, ce sont les activités qui tendent à se développer


Je tenterai donc ce soir de saisir la mafia comme un objet historique, culturel et géographique , le tout formant une approche géopolitique

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I. HISTOIRE DE LA COSA NOSTRA
II. LES VALEURS MAFIEUSES
III. LES REGLES DE L’ORGANISATION MAFIEUSE
IV. LA RELATION POUVOIR – TERRITOIRE : LES INTERPRETATIONS DU COMPORTEMENT MAFIEUX


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Conclusion :

La question de la responsabilité individuelle: malgré la théorie de la sous-culture des anthropologues, elle n’est utile que pour comprendre la fonctionnement de Cosa Nostra, tel que le fait Falcone mais non pour en excuser les comportements

La mafia : des familles de pouvoir liées à des territoires ==> Nous avons vu que La Cosa Nostra a pour caractéristique son pouvoir territorial dont l’expression la plus pure est l’extorsion, ainsi la longévité de la mafia est directement liée à sa capacité à s’organiser et à utiliser l’espace. Le succès de Cosa Nostra s’explique par son assise territorial, stable dans le temps qui lui a permis de se développer et de se poser en alternative comme détenteur d’une violence légitime.

De même, son succès dans le trafic de drogue s’explique par son contrôle du territoire sicilien, par l’efficacité du réseau qui a été mis en place dès les années 1920, basé sur la diaspora et enfin, par le haut niveau de protection politique dont l’organisation jouit.

Selon les estimations de Confcommercio, aujourd’hui, en Italie, le volume d’affaires de la criminalité serait supérieur à 150 milliards d’Euros (entre 15 et 20% du PIB) et les organisations criminelles contrôleraient environ 20% des structures opérant dans le secteur commercial et des services, ainsi que 15% des entreprises de manufacture. Nous voyons donc que l’ampleur de l’emprise de la mafia sur l’économie Italienne est considérable, je vous propose de voir quelles en sont les caractéristiques lors du prochain séminaire qui aura pour thème l’économie mafieuse en Italie

lundi 21 janvier 2008

"Géopolitique de la Méditerranée" V : « Ben Laden a-t-il un projet géopolitique ? »




Carte des attentats islamistes, 1990 - 2003 (Rageau, 2005)






Les 8 règles du combattant de l'avant-garde.


Source: Abdullah Azzam, « Al Qaida al-Sulbah », Al-Jihad, n. 41, avril 1988, p. 46








Citations:



« Chaque musulman qui en est capable a le devoir personnel de tuer les américains et leurs alliés, civils et militaires, en tout pays où cela est possible »

Fatwa de février 1998 du Front international du jihad contre les juifs et les croisés



« Si donner un sens à la vie peut-être considéré en fonction d’une croyance en l’au-delà comme un acte religieux, vouloir organiser la société en conformité avec cette croyance est une démarche politique »

Rémy Leveau, 1992



Introduction :



Démarche : Je voudrais tout de suite avancer que si ce sujet parait racoleur, il ne l’est en fait pas du tout, le terrorisme étant un objet d’étude tout à fait valable des des sciences sociales en général et de la géopolitique en particulier.



En revanche, il s’agit d’un sujet d’actualité, avec tous les risques que cela implique, notamment de tomber dans le journalisme, c’est pourquoi nous tenterons de nous en tenir au raisonnement à froid de l’analyse géopolitique.



Ne vous attendez pas donc à des révélations sur l’endroit où se cache Ben Laden ou sur le fait de savoir s’il est toujours vivant. Pour éviter tout sensationnalisme je tenterais justement de me détacher de l’actualité afin de saisir la spécificité du projet géopolitique de Ben Laden.

Nous nous attacherons à saisir les tendances lourdes dans lesquelles la mouvance de ce personnage s’inscrit puis de voir ensuite quels ont été les événements déclencheurs de cette action violente. Ensuite je tenterai d’interroger l’espace afin d’interpréter cette mouvance Al Qaida dont Ben Laden est l’émir général. Pour cela, je me fonde sur un corpus de 8 textes, tous antérieurs au 11 septembre (présentés en annexe).



Ce que je peux vous dire en guise d’introduction c’est qu’Al Qaida est bien un groupe politique, guidé par une idéologie religieuse, mais qui fonctionne sur la base d’un réseau culturel. Ceci est fondamental.



Ben Laden n’est pas le seul à avoir recours à la violence pour satisfaire ses objectifs politiques mais il est le seul à avoir construit un groupe réellement multinational capable de frapper n’importe où dans le monde.



Et surtout il est considéré comme le symbole suprême de la résistance à l’impérialisme américain.



Or la question que l’on peut se poser est la suivante : pourquoi a-t-il besoin de frapper n’importe où dans le monde alors que ces objectifs principaux semblent être de libérer les lieux saints, l’Arabie Saoudite de la présence américaine et de faire le jihad dans les pays musulman. Autrement dit, comment est-il passé de l’Afghanistan des années 1980 au World Trade center. Ce paradoxe est-il expliqué par le projet géopolitique de ben Laden, ou bien par l’histoire stratégique de la constitution de son groupe ?



C’est ce que nous allons voir. Avant je voudrais faire un point rapide sur le terrorisme.



Le terrorisme :



Il est convenu de situer la double naissance du terrorisme contemporain à la date de 1968 : Avec la création de la matrice proche-orientale (FPLP de Georges Habache qui détourne deux avions de la compagnie israélienne "El Al" cela inaugure la vague contemporaine du terrorisme transnational, c’est-à-dire celui qui frappe ailleurs que sur le théâtre même où se situe le conflit) et la matrice latino-américaine, qui, après l’échec du Che en Bolivie, préconise la guérilla urbaine imités. Occident et au Japon è des mouvements qui espèrent modifier la situation des pays démocratiques : Rote Armee Fraktion en Allemagne fédérale, Brigades rouges en Italie, Action directe en France, etc.



Jusqu’au début des années quatre-vingts, il a surtout été laïque avant d’avoir, à partir de la révolution iranienne, une connotation religieuse, même si le projet reste fondamentalement politique.



Dans les années quatre-vingt-dix, il se distingue par le fait qu’il se manifeste aussi aux États-Unis: World Trade Center (1993) ou l’attentat meurtrier du bâtiment fédéral d’Oklahoma City exécuté par des membres de milices d’extrême-droite (1994).



En soi, le terrorisme est une méthode et l’appréciation politique d’un mouvement ou d’un groupe dépend, comme dans toute analyse d’une quelconque forme de violence politique, du contexte spécifique du mouvement ou du groupe et de l’analyste.



L’objectif premier du terrorisme est de répandre la terreur. Le total des trois décennies du terrorisme international contemporain serait d’environ 10 000 morts : ce chiffre est, militairement, de peu de conséquence. Le véritable impact est d’ordre psychologique : ce qui est d’abord visé, ce sont les esprits et les volontés.



Dans les faits, les succès politiques des divers terrorismes sont, à ce jour, extrêmement limités. Car aucun État n’a été déstabilisé, ni aucune politique radicalement modifiée sous la pression du terrorisme.



En fait, nos États sont aujourd’hui si puissants qu’ils ne sont soumis à aucune menace militaire. Ils ne peuvent être défiés que par des actes à caractère terroriste qui restent l’arme du faible.



Le terrorisme, qui est en somme devenu un substitut à la guerre, a certes une considérable capacité de nuisance mais son rôle déstabilisateur est de peu de conséquence et le nombre de ses victimes, du moins en ce qui concerne le terrorisme international, reste, si on se réfère aux trente dernières années, très limité.



Dernier point sur ce que n’est pas le terrorisme, à savoir la différence avec la guérilla : le territoire et le nombre.





Qui est Ben Laden ?



1979, une date clé



Le rôle de l’Afghanistan pour Ben Laden, première étape capitale



1991: le rôle de la guerre du Golfe



1991 : Le soudan, seconde étape capitale



Il revint à l’été 1996 en Afghanistan





Qu’est ce qu’Al-Qaida ?



Les origines d’Al-Qaida



Structure



Répartition géographique



Stratégies





Les représentations et le projet géopolitique de Ben Laden



Ben Laden a une vision binaire du monde



Ben Laden a, en outre, une vision romantique, un romantisme tragique, du monde



Un projet géopolitique assez simple



Afin de réaliser ce projet, Ben Laden a trois objectifs à court, moyen et long terme





Interprétations



La dimension existentielle de l’acteur



L’occidentalisation du monde





Conclusion : La vulnérabilité des sociétés occidentales



Nous avons donc vu que Ben Laden a repris une organisation crée par Azzam, une avant-garde des fidèles, selon les deux hommes. Ben Laden a aussi été influencé par la nature multi-ethnique du jihad afghan et par la pensée panislamique d’Et Tourabi, son hôte du Soudan.



Nous avons également vu que Ben Laden n’a jamais interprété l’Islam pour soutenir un but politique mais que l’Islam, sous la forme du Califat et de la Umma est son but politique, son projet géopolitique.



Les démocraties libérales se sont révélées particulièrement vulnérables face à ce projet et à l’infiltration d’Al-Qaida, ceci pour deux raisons majeures : les terroristes exploitent les deux dimensions fondamentales de nos sociétés, la démocratie et l’économie de marché. Ces deux dimensions étant complètement retransformées par le processus structurel de mondialisation.



Ainsi de la démocratie, Al-Qaida a largement profité de la tolérance et de la liberté d’expression et même des limites que nos constitutions imposent au contre-terrorisme. Des économies de marché, Al Qaida a profité de la circulation des biens et des personnes, de la mise en réseau et des nouvelles technologies.



Al Qaida en tant qu’hyperterrorisme est problématique, mais le plus dangereux est la séduction qu’il exerce et il faut donc lui opposer une contre idéologie puissante et crédible.



Car si aucun groupe terroriste n’est immortel et qu’il dure en moyenne 14 ans (Chaliand y voit lui un épiphénomène, dérangeant mais marginal) Al Qaida radicalise les pensées de l’homme moyen.



Ainsi une stratégie de réponse à court moyen et long terme devrait inclure une réponse militaire, puis idéologique et enfin politique et sociale (ie, régler les motifs de plainte de la "rue musulmane").



Annexes :



Présentation des huit documents :



Le premier est une déclaration de guerre. Daté du 23 août 1996, elle intervient après l’attentat dans le camp militaire de Khobar en Arabie Saoudite de juin 1996. Ce communiqué, intitulé « declaration of war against the americans occupying the land of the two holy places », sera considéré par le monde occidentale et les Etats-Unis en particulier comme une déclaration de guerre (Blanc, 2001). Keppel y parle lui d’une déclaration de jihad (Keppel, 2000). Ce texte de 14 pages s’apparente dans sa forme à la production des du courant « salafiste jihadiste » tels ceux produits par la revue du GIA al-Ansar par exemple (Keppel, 2000). Le texte est rempli de citations coraniques, de hadith (les faits et dires du prophète) et de références à Ibn Taïmiyya. Ce texte exprime sa vision géopolitique du monde, les raisons de ces prises de position et les solutions préconisées. Le communiqué est destiné aux musulmans du monde entier et particulièrement à ceux de la péninsule arabique.



Le deuxième texte est une interview. Datée de octobre-novembre 1996, pour le magasine Nida’ul’s Islam, magasine bi-lingue édité en anglais et en arabe, et basé au Qatar. Dans ce texte de cinq pages, il est ici plus question de la situation propre au royaume saoudien et de sa politiquer intérieure et extérieure. Le ton y est moins emphatique.



Le troisième texte, daté de mars 1997, est une interview pour CNN de Peter Arnett. L’entrevue se passa dans l’est de l’Afghanistan et les questions furent posées à l’avance. Ben Laden revient sur tous les grands thèmes : jihad, unifications de tous les musulmans…



Ensuite nous présentons une fatwa. C’est un texte succinct mais non signé uniquement de sa main. En février 1998 se crée, en effet, le Front international du jihad contre les juifs et les croisés. Cinq personnalités dont Oussama Ben Laden ; Ayman al-Zawahiri, le leader du groupe al-Jihad ; Abu Yasir Ahmad Taha, leader de la gama’a islamiyya ; Mir Hamzah, secrétaire du JUP (Jamiat-u Ulama-e Pakistan) ; Fazlul Rahman, leader du mouvement al-Jihad du Bengladesh. La déclaration de six pages rendant publique la création de ce front fut publiée quelques temps plus tard. Elle citait aussi abondamment le Coran et Ibn Taïmiyya et reprenait les accusations passées contre « l’alliance sioniste croisée » (Blanc, 2001), cependant, elle passe à un nouveau stade de l’affrontement contre celle-ci grâce à la fatwa qui l’accompagne. Il faut savoir qu’une fatwa est une « réponse rendue sur une question juridique par un juriste chargé de présenter, pour ce cas précis, une interprétation qui facilite l’application de la loi » (Sourdel, 1996). Cette fatwa stipule que « chaque musulman qui en est capable a le devoir personnel de tuer les américains et leurs alliés, civils et militaires, en tout pays où cela est possible ». Comme nous l’avons vu, le 7 août suivant les ambassades américaines de Nairobi et Dar es-Salaam explosent. Lors de l’étude de textes normatifs comme une fatwa (texte de loi), il convient d’étudier son applicabilité et sa forme : est-elle dans le canon des autres textes produits. Nous ne le ferons pas par manque d’exemple. Pour ce qui est de son applicabilité, elle semble opérationnelle dans l’absolue, et l’a même été plusieurs fois.



Les deux derniers textes sont encore des interviews. L’une de mai 1998 pour la chaîne ABC, il s’agit de l’entretient de John Miller précédé par celui de la garde personnelle de Ben Laden (Muhammad Atef et le leader du djihad islamique) et de moujahidines. Les questions, comme pour de nombreux entretiens sont soumises par avance et cela se passe en Afghanistan. L’autre entretien est de juin 1999, il s’agit de celui d’une chaîne américaine, par Salah Najm ; sa spécificité est de combiner des réponses de Ben Laden et des interventions de protagonistes et connaisseurs du contexte. Au cours de ces entretiens, Ben Laden condamne les forces occidentales qui interviennent dans les pays musulmans et qui soutiennent Israël, qui tuent depuis longtemps des palestiniens mais aussi les enfants irakiens…La rhétorique que nous connaissons aujourd’hui semble se structurer à cette époque.



Un article de Azzam de 1988 sur la naissance d’Al qaida : Abdullah Azzam, « Al Qaida al-Sulbah », Al-Jihad, n. 41, avril 1988, p. 46 . Azzam y présente les objectifs de la base solide, avant-garde de la lutte islamiste mais aussi les principes nécessaires au succés de cette entreprises. Il meurt l'année suivante et le projet est repris par Ben Laden.



Déclaration de Jihad contre les tyrans du pays, serie militaire, manuel d’entrainement d’Al-Qaida.

jeudi 10 janvier 2008

Géopolitique de la Méditerranée, cours IV, intervention de Pacal Lepesqueux sur la géopolitique de la francophonie

Eléments de bibliographie commentée sur la francophonie méditerranéenne et ses enjeux :

Afin de prolonger le débat sur les enjeux de la francophonie en Méditerranée et nourrir votre réflexion linguistique en général ou sociolinguistique en particulier ( si, si vous en avez une, même si vous ne la nommez pas comme telle), je vous propose une sélection variée d’articles et d’ouvrages permettant à la fois une première approche ou une étude plus poussée des phénomènes sus-décrits :

Enjeux méditerranéens :

Pour commencer, vous pouvez lire :

L’Union méditerranéenne fait son chemin, Al-Ahram, Numéro 687, semaine du 7 au 13 novembre 2007.

Dans cette interview récente accordée au journal francophone Egyptien Al-Ahram, Jean-Marie Rockel, Secrétaire d’Etat français à la Coopération et à la Francophonie, évoque la nouvelle politique de coopération méditerranéenne de la France et sa vision pour y promouvoir la Francophonie.

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2007/11/7/invi0.htm

Ensuite, pour plus d’approfondissements :

Raïd , Zaraket, Identité méditerranéenne et Francophone : l’Histoire d’une altérité et d’un partage, Ethiopiques, n° 74 ,1er semestre 2005.

Dans cet article, l’auteur évoque les rapports parfois conflictuels entre les différents acteurs culturels francophones dans la construction d’une identité méditerranéenne commune.

http://www.refer.sn/ethiopiques/imprimer-article.php3?id_article=266#nb1

Ou encore :

Kraemer, Gilles, La presse francophone en Méditerranée, Maisonneuve et Larose-Servedit , 2001

Gilles Kraemer, Journaliste, docteur en sciences de l’information, s'interroge, lui, sur le rôle joué par une soixantaine de quotidiens et d’hebdomadaires francophones d’Afrique du Nord, d’Égypte et du Liban dans la préservation ou la promotion de ce quón nomme désormais l’arabofrancophonie.

http://www.ulaval.ca/afi/colloques/colloque2001/actes/textes/kraemer.htm

L’université de Rouen publie une revue en ligne consacrée à la sociolinguistique, intitulée Glottopol : http://www.univ-rouen.fr/dyalang/glottopol/

Abordant tous les aspects liant langage et société, le premier numéro était consacré aux problèmes d’aménagement linguistique et au rapport entre langue et construction dune identité nationale, notamment au Maghreb.

Quelle politique linguistique pour quel Etat-nation ?, Glottopol, n. 1, janvier 2003, http://www.univ-rouen.fr/dyalang/glottopol/numero_1.html

Je vous recommande plus particulièrement les articles suivants :

Grandguillaume, Gilbert, Arabofrancophonie et politiques linguistiques, Glottopol, 1, janvier 2003, p. 70-75

Haddadou, Mohand-Akli, L'Etat algérien face à la revendication berbère : de la répression aux concessions, Glottopol, 1, janvier 2003, p. 131-138

Et, pour connaître les fondements idéologiques qui soutiennent les politiques d’arabisation que subit le Maghreb depuis les années 1960 on pourra lire l’article de M. Laroussi, Foued, Glottopolitique, idéologies linguistiques et Etat-nation au Maghreb, Glottopol, 1, janvier 2001, p. 140-150

Sur des concepts plus généraux :

L’Université de Laval (Québec) entretient un site Internet consacré aux langues du monde et aux politiques et situations linguistiques

(http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/index.shtml.) Les pages intitulées Qu'est-ce que la Francophonie ? abordent clairement l’évolution passée et présente du concept même de Francophonie : http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/francophonie.htm

Hagége, Claude, Halte a la mort des langues, Paris, Odile Jacob, 2002.

Professeur au College de France Claude Hagége, dans cet ouvrage de 2002 lance un cri d’alarme en faveur de la diversité linguistique :

"Sait-on qu'en moyenne, il meurt environ 25 langues chaque année ?
Il existe aujourd'hui dans le monde 5 000 langues vivantes. Dans cent ans, si rien ne change, la moitié de ces langues seront mortes. À la fin du XXIe siècle, il devrait donc en rester 2 500 environ, et sans doute beaucoup moins encore si l'on tient compte d'une accélération, fort possible, du rythme de disparition. Certes, comme les civilisations, les langues sont mortelles, et le gouffre de l'histoire est assez grand pour toutes. Pourtant, la mort des langues a quelque chose de tout à fait insolite, et d'exaltant quand nous nous en avisons : les langues sont capables de résurrection ! Mais la vigilance s'impose, faute de quoi toutes sont menacées, y compris le français. "


Comme introduction aux concepts linguistiques, on consultera avec intérêt le site personnel de ce même Claude Hagége : http://claude.hagege.free.fr/

Calvet, Louis-Jean, La guerre des langues et les politiques linguistiques, Paris, Hachette Littératures, 2005.

Autre linguiste Français célèbre, Louis-Jean Calvet consacre également un de ses derniers ouvrages à une réflexion sur l’avenir des langues :

« Le plurilinguisme est inconsciemment perçu dans nos sociétés à travers le mythe de Babel et vécu comme un mal, comme une punition divine. en multipliant les langues, Dieu aurait non seulement mis fin à l'entreprise de la fameuse tour, mais surtout mis un obstacle de taille à la communication entre les différents peuples.
Ce défi de Babel est pourtant relevé quotidiennement dans la pratique des hommes, malgré les planificateurs qui tentent d'instaurer le monolinguisme dans les frontières des Etats. Cette planification linguistique, forme concrète de ce qu'on appelle plus largement la politique linguistique, n'est jamais que la vision moderne d'une vielle tentation. Si la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens, la politique linguistique est, à l'inverse, une forme civile de la guerre des langues. Louis-Jean Calvet appelle à une réflexion enrichissante sur l'avenir de nos langues, sur les moyens de les défendre dans le respect de celles des autres.»


Enfin :

Laroussi, Foued, la problématique du plurilinguisme et du pluriculturalisme, Colloque sur le bilinguisme et l’interculturalité, 20 mars 2006, Mayotte.
M. Foued LAROUSSI, déjà cité, a récemment participé à un colloque sur le bilinguisme et l’interculturalité. Il y traitait notamment des problèmes de définition, au sens propre comme au sens figuré, liés au bilinguisme.

On trouvera trace de son intervention là l’adresse suivante : http://www.ac-mayotte.fr/spip.php?article218

Bonne lecture !
Pascal Lepesqueux

lundi 3 décembre 2007

"retour sur la guerre civile algérienne 1991-1998"


Depuis 1991, l'Algérie a connu une vague de violence, qui a dégénérée, jusqu’en 1998, en une guerre civile.

Ce conflit opposait et oppose encore, dans une certaine mesure, le régime soutenu par les militaires à un complexe réseau d'opposition clandestine, d’abord sous l'égide du Front Islamique du Salut.

Il a été déclenché par le « coup d'Etat » orchestré par l'armée qui avait pour but de bloquer la victoire du FIS aux élections législatives de décembre 1991.

Selon les chiffres les plus communément admis par la presse et la communauté internationale, plus 100.000 personnes ont été tuées au cours de cette période, soit 1200 morts par mois.

En avril 1999, une page a été tournée avec l'élection à la présidence d'Abdelaziz Bouteflika, candidat des militaires et ministre des affaires étrangères de Boumediène.

Cette élection a suscité de grands espoirs et a fait reculer la violence : Le président a en effet rapidement décrété une amnistie limitée pour les responsables de la violence : la loi sur la concorde civile, et a promis de mettre en œuvre des réformes fondamentales visant à mettre un terme à la violente crise qui secoue le pays depuis 1992.

Cependant si la violence armée est résiduelle, la crise n’est pas finie et la problématique reste plus complexe : dans un environnement marqué par la violence et la corruption, l’inégalité de conditions vécue au quotidien, entraînent la coupure entre les privilégiés et les catégories exclues qui, en l’absence de relais politiques, finissent en partie par envisager la violence comme recours « légitime ».

Cette propension, nourrie par la misère, l’arbitraire et la défaillance du système éducatif, est observée surtout au sein des catégories les plus jeunes, 50 % de la population a moins de 19 ans, peu enclin à accepter une idéologie officielle exclusivement fondée sur la légitimation par l’histoire.

Dans les années 1980, déjà, la poussée démographique accélére l’obsolescence idéologique et la fragmentation dans les milieux qui se réclament encore de l’héritage historique de la guerre de libération è Une minorité exerce le pouvoir, l’influence et le sert aux niveaux élevés de la hiérarchie qui vit de plus en plus dans des ghettos luxueux, s’enrichit de prélèvements occultes et de détournements de biens publics.

Les instruments de sa protection sont la force armée, le contrôle policier et celui des appareils judicaires et administratifs subordonnés. Les autres, le plus grand nombre se dissolvent progressivement dans les masses de la pauvreté, en dépit des faibles avantages qu’ils conservent.

Le prosélytisme islamisme a achevé, dans sa phase d’expansion de faire s’écrouler les discours de mythe patriotique dominant en reprenant à son compte les revendications de l’égalité de condition et de fin de la gestion discrétionnaire de la société è Ainsi, c'est en 1982 que le mouvement islamique se manifeste en tant que tel par deux événements : la grande manifestation étudiante à la faculté centrale d'Alger qui oppose les étudiants de gauche francophones aux étudiants arabisants et islamistes + la création du Mouvement islamiste armé (MIA) par Mustapha Bouyali qui, récupérant « l'imaginaire du maquis et de l'insurrection contre la France en lui donnant une signification islamiste » implante les premiers groupes armés (Keppel, 1994).

Peu à peu, cette mouvance islamiste va s'étendre, capitalisant tout un travail caritatif mené par les associations islamiques de la base qui prenaient en charge problèmes quotidiens des Algériens, palliant la carence de l'Etat et réorganisant la société autour de mosquées qui dispensaient biens et services.

Elle s'appuie aussi sur une rhétorique, celle d'une France cause de tous les malheurs du pays. Le FIS à partir de 1989, date de sa création, veut mettre un terme au métissage culturel de l'Algérie. Pour cela, il faut diaboliser la France et ceux qui ont perpétués sa présence à travers un FLN laïque, socialisant et francophone.

Le monde méditerranéen a assisté aussi à la montée de l'islamisme ; maîtrisé dans des pays comme l'Egypte, la Turquie ou le Maroc, il a dérapé en Algérie (Lacoste, 1996).

Donc, si la problématique s'exprime simplement, sa manifestation sur le terrain est infiniment plus complexe.

Certains ont pu se demander si les émirs remplacent les colonels ? La religion est-elle une couverture pour l'appropriation par la guerre du pouvoir et de la richesse économique (Martinez, 1998).

En tout cas, avec la multiplication des acteurs impliqués dans le maintien de l’ordre, milices locales et organisations paramilitaires notamment, en plus des différents groupes armés, le champs des intérêts se fragmente et la société se militarise. Est-ce que cela a été uniformément sur tout le territoire algérien ?

Nous verrons à ce sujet, le cas de Blida, dans la plaine de la Mitidja et l’Algérois ==> ces espaces furent, en effet, le théâtre de nombreux meurtres, notamment depuis l’entrée en lisse des GIA depuis 1993.

La situation fut à son paroxysme lors des années 1996/1997 avec de nombreux massacres dans les environs de Blida.

Car si il y un constat global de l’insécurité en Algérie, des causes au maintien de la violence ou à sa supériorité sur certains territoires viennent de facteurs locaux spécifiques (Salgon, 1999). Et si ce conflit est de basse intensité, la région centre de l’Algérie fut la plus touchée et notamment la plaine de la Mitidja. De même J-M Salgon, dans son ouvrage violences ambiguës (Salgon, 1999) propose une typologie des maquis: celui de Chréa est stable et compose avec celui de Larbaa, de Bouinan et Souma le tristement célèbre « triangle de la mort » en joignant Alger.

Or ce qui est problématique c’est que normalement la guérilla se développe le plus souvent dans des régions excentrées, propices à une action clandestine (Soppelsa, 1987), et que la ville de Blida se trouve à une cinquantaine de kilomètres d’Alger et dans une situation de carrefour, de surcroît dans la première région militaire du pays. Par ailleurs, c’est à Sidi El Kebir (Blida) que fut perpétré un des premiers massacres collectif de la guerre civile en 1996 (35 morts).

Une tentative d’éclaircissement de la situation semble donc bienvenue : il serait opportun de s’interroger sur le profil géopolitique de ces ville, de se demander qui intervient sur ce territoire et pour quelles raisons, et de savoir quel est le rôle de l’histoire et des représentations ?


1. Caractéristiques et causes de la crise



· Caractéristiques de la crise / synthèse des mouvements islamiques


· Causes de la crise


· Une courte analyse de l’espace algérien


· Conclusion : les paradoxes de la guerre civile



2. Des rivalités de pouvoir sur des territoires


· Le symbole et l’intérêt d’Alger


· Blida un site et une situation exceptionnelles


· Evolution stratégique des villes de Blida et alger


· Conclusion : Un urbanisme et une géographie du terrorisme



3. Les représentations des acteurs


· Le pouvoir: la logique du sytème


· Le peuple : l’armée décridibilisée



· Les islamistes : divergent sur les modalités d’action (not. Le rôle de la société) mais non le diagnostique


· La communauté internationale : une affaire algéro-algérienne


· Conclusion: des representations antagonistes ==> la bataille du souvenir de la guerre de libération


4. Conclusion


· 1994 et le tournant de la guerre: FMI, éradicateurs et GIAs


· Une géographie régionale et urbaine du terrorisme: “la géographie ça sert d’abord à faire la guerre” (Lacoste, 1976)


· Frontières mentales: replis de l’espace sur soi, à toutes les échelles


· Le retour de la violence légitime (et historique) et du monopole de la lecture de l’histoire


· Des réformes économiques discrètes


· Un fond incompressible de violence? Une mutation du mode opératoire et des revendications: du GSPC à Al Quaida Maghreb


samedi 1 décembre 2007

Eléments de bibliographie sur la guerre civile algérienne 1991 - 1998:

Ouvrages:

Addi Lahouari, Les mutations de la société algérienne, La Découverte, 1999.

Benrabah Djellouli, Farès, Les violences en Algérie, Odile Jacob, 1998.

Boukra Liess, Algérie, la terreur sacrée, Favre, 2002.

Bourdieu Pierre, Sociologie de l'Algérie, PUF, Que Sais-je, 802, 1958.

Burgat François, L'islamisme au Maghreb, Karthala, 1988.

Cote Marc, L’Algérie, Masson/Armand-Colin, 1993.

Deluze-Labruyére J., processus et formes d’urbanisation en Algérie, le cas de Blida, 1983.

Département de géographie humaine des universités de Annaba et constantine, Mutations en Algérie, Presses universitaires de Caen, 1997.

Joanne Adolphe, L’Algérie, Lacour, 1992 (1895).

Kepel Gilles, A l'Ouest d'Allah, Folio, 1994.

Kepel Gilles (ed.), Exils et royaumes, Presse de la fondation nationale des sciences politiques, 1994.

Kepel Gilles, Djihad. Expansion et déclin de l’islamisme, Folio actuel, 2000.

Labat Séverine, Les Islamistes algériens, Seuil, 1995.

Lacoste Yves, Ibn Khaldun, La découverte, 1998.

Lacoste Yves (ed.), L’état du maghreb, la découverte, 1991.

Malti Djallal, La nouvelle guerre d’Algérie, La découverte, 2000.

Martinez Luis, La Guerre civile en Algérie, Karthala/Ceri, 1998.

Mutin Georges, La Mitidja, décolonisation et espace géographique, éditions du CNRS, 1977.

Nabi Mohamed, L’Algérie aujourd’hui ou l’absence d’alternatives à l’islamisme politique, 2000.

Planhol De Xavier, Les nations du prophète, Fayard, 1993.

Planhol De Xavier, Manuel géographique de politique musulmane, Fayard, 1967.

Salgon Jean-Michel, Violences ambiguë. Aspects du conflit armé en Algérie, Paris, CHEAM, 1999.

Souaïdia Habib, La sale guerre, La Découverte, 2001.



Articles :

Addi Lahouari, « L'armée algérienne se divise », in Le monde diplomatique, mars 1999.

Addi Lahouari, « L'armée algérienne confisque le pouvoir », in Le Monde diplomatique, février 1998.

Benchiba Lakhdar, Ellyas Akram, « Le mur de l'argent fragmente la société », in Le Monde diplomatique, octobre 2000.

Callies de Salies Bruno, « L'Algérie sous la terreur », in Le Monde diplomatique, octobre 1997.

Callies de Salies Bruno, « Les luttes de clans exacerbent la guerre civile », in Le Monde diplomatique, octobre 1997.

Carlier Omar, « D’une guerre à l’autre », in Confluence méditerranée n° 25, 1998.

Grignard Alain, « La littérature politique du GIA des origines à Djamel Zitouni. Esquisse d’une analyse » in F. dassetto (dir). Facettes de l’islam belge. Academia-Bruylant, 2001.

Hadjadj Djillali, « Qui tue qui ? Mauvaise question pour un vrai drame », in Les Cahiers de l'Orient N° 51 3/ 1998.

Khalladi Aïssa, « Esquisse d'une géographie des groupes islamistes en Algérie », in Hérodote, N° 77, 1995.

Karabadgi Fayçal, « L'économie algérienne menacée par la mafia politico-financière », in Le Monde diplomatique, septembre 1998.

Lacoste Yves, « Les causes spécifiques du drame algérien », in Hérodote, N° 77, 1995
.
Martinez Luis, « islamisme : le puzzle disloqué », in Les cahiers de l'Orient N° 51 3 / 1998.

Martinez Luis, « Les groupes islamistes entre guérilla et négoce : vers une consolidation du régime algérien ? » Etudes du CERI, Paris, 1995.

Michalon, Thierry, « L'Algérie des cousins », in Le Monde diplomatique, novembre 1994.

Mongin Olivier, « Le Sale avenir de la guerre civile en Algérie », in Esprit, 1997.

Mouffok Ghania, « Mémoire meurtrie de la société algérienne », in Le Monde Diplomatique, juin 2000.

Sané pierre, « Algérie : Qui profite de cette situation ? » in Libération, 7 Mai 1997

Stora Benjamin, « Ce que dévoile une guerre. Algérie 1997 », in Politique étrangère 4 / 97.

Stora Benjamin, « La société algérienne : entre trabendisme et citoyenneté », in Les cahiers de l'Orient N° 51, 1998.

vendredi 23 novembre 2007

Mises à jour du séminaire sur le conflit Israélo-Palestinien II.

1. La viabilité d’un Etat palestinien.

Je me base, pour cette mise à jour, sur un article de Gearóid O’Tuathail : “Contradictions of the two-State solution”, paru dans The Arab World Geographer, Vol. 8, No. 3 (2005), pp. 168-171.

Gearóid O’Tuathail tente dans cet article de réagir aux différents avis du forum du Arab Worl Geographer. Au cours de la discussion, il montre les différentes contradictions inhérentes à la création de deux Etats, Palestinien et Israélien, dans les conditions présentes. Ainsi il questionne the « two-state solution » non comme utopie mais comme solution viable en tant que :

“A stable territorial order that will provide a basis for state building, economic development, and peace for Palestiniens and Israelis.”

Par ailleurs il nous met aussi en garde par rapport au danger de la « grammar of geopolitics » qui consiste à utiliser des abstractions telles que « Israël » et « Palestine » comme si l’on se référait à des entités homogènes.

O’Tuathail commence son article en discutant les vues de Rafael Reuveny sur les formes de colonisations. Pour O’tuathail, la question israélo-palestinienne est une question coloniale, mais avec des caractéristiques uniques. En effet, la formation de l’Etat israélien en 1948 était un projet colonial moderne, bien que nuancée par une vision religieuse ante-moderne. En revanche, l’Israël post 1967 était aussi un projet colonial mais différent en ce sens qu’il reposait plus su un projet sioniste messianique, se renforçant après 1977[1].

Le point commun de ces deux visions coloniales est leur aversion à céder des terres ou des espaces partagés. Par ailleurs, ces deux vision coloniales ont longtemps été alliés bien que différentes : entre l’une séculaire (fleurir les désert / « deserts bloom ») et l’autre religieuse et ante-moderne (sécuriser et renforcer le don de dieu au peuple juif). O’Tuathail, dans cette optique, voit le désengagement de la bande de Gaza comme une renégociation de cette alliance politique plutôt que comme une décolonisation de ce territoire.

Si O’Tuathail est en désaccord avec l’argument d’Ali Jarbawi selon lequel ce désengagement a pour but pour Israël de se recentrer sur une « pure race » plutôt que de consolider toutes les terres occupées. En revanche, O’Tuathail, partage son avis selon lequel Sharon cherchait par là à imposer les conditions israéliennes de l’établissement d’une entité Palestinienne. Cela nous amène à la première contradiction de la solution de deux Etats : si un Etat peut dicter les termes de l’établissement d’un autre, alors le processus devient simplement une codification du pouvoir asymétrique entre ces deux Etats et certainement pas une solution (comme définit plus haut).
La question clé reste, donc, bien évidemment, le type d’Etat palestinien qui va être autorisé à se déclarer souverain par Israël et la communauté Internationale. Cet Etat ne sera que partiel, formés des parties qu’Israël ne veut pas annexer et, de plus, grevée par la corruption de l’autorité palestinienne. Voici donc la seconde contradiction de la solution de deux Etats : le résultat sera de toute façon asymétrique car structuré par l’invivabilité de l’Autorité palestinienne.

La contribution d’Oren Yiftachel note que le sionisme, en tant que projet ethnocratique, ne constitue pas nécessairement une expansion territoriale. Or, comme le retrait ne signifie pas décolonisation[2], il en conclut que le sionisme ne peut, finalement, pas gérer sérieusement les enjeux centraux du conflit. Alors que le sionisme ne met pas en avant mécaniquement l’expansion territoriale, au contraire, nous ne pouvons que constater la bantoustanisation de Gaza et de la Cisjordanie avec la création d’autonomies palestiniennes enclavées et décorées par des symboles étatiques. A ce propos, est-ce « Gaza first ou Gaza last ? ».
Fouad Moughrabi répond à cette question en avançant que cette dynamique inclut un processus de décolonisation (i.e. le désengagement / retrait de Gaza) désigné, en fait, pour renforcer et légitimer le processus de colonisation de la Cisjordanie. Si tel est le cas, avec ce que nous connaissons déjà, il ne résulte que l’entropie régnante dans la bande de Gaza, plus les heurts entre factions palestiniennes, font que l’Egypte pourrait revenir gérer la bande de Gaza, tandis que la Jordanie ferait de même pour la Cisjordanie. Voici donc la troisième contradiction que pointe O’Tuathail : la possibilité réelle de la solution de deux Etats (« Two-State solution ») est morte au moment où elle est le plus étudiée. Ainsi, la contribution de Naseer Ahuri avance que la position de Georges W. Bush, acceptant les installations israéliennes en Cisjordanie a rendu la possibilité d’un Etat palestinien souverain un exercice rhétorique.

Etant donné l’impossibilité d’une solution avec deux Etats, la construction du mur de sécurité (le discours sur la sécurité est-il un alibi pour l’ethnocratie ?), le fait que Bush est assuré par ses « US Letter of Assurance » que tout accord final ne requérait pas un retrait aux frontières de 1967, la solution parait être un changement diplomatique pour une solution à un Etat unique.
Cependant, comme le remarque Newman, une telle haine attise les deux nations qu’une entité binationale ne peut-être crée. En outre, des groupes extrêmes, de part et d’autres cherchent le conflit perpétuel, car leur point de vue est uniquement darwinien : l’un gagne, l’autre perd.

La contribution de Sharif Elmusa offre la seule utopie « realistic » possible : que dans 50 ans, Israël, la Palestine et la Jordanie, tentent d’entrer dans l’UE est aient donc, suivant les critères de Copenhague, besoin de régler leurs conflits frontaliers, d’ouvrir leurs frontières, de revoir leurs livres d’histoires… Mais comme le remarque O’Tuathail, dans cette région :

“One can always dream, but with weapons of mass destruction loose in the world, and Iran finally acquiring a nuclear weapon, there is a dystopia for every utopia we can imagine in this region.”



Source: Gearóid O’Tuathail. “Contradictions of the two-State solution”, The Arab World Geographer, Vol. 8, No. 3 (2005), pp. 168-171.



2. Précédents plans de paix : le cas de l’initiative de Genève en 2003

L'Initiative de Genève, ou Accord de Genève, est un plan de paix alternatif établi par les anciens partenaires des négociations de Taba (2001) pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

Elle est signée le 1er décembre 2003 à Genève (Suisse). Les principaux artisans de cet accord sont l'ancien ministre israélien Yossi Beilin et l'ancien ministre palestinien Yasser Abd Rabbo.

Le secrétaire d'État américain Colin Powell a indiqué son intérêt pour cet accord alors qu’Ariel Sharon indiqua qu'il n'approuvait pas cet accord et qu'il l'estimait dangereux pour Israël. De même, l'Autorité palestinienne soutenait faiblement cet accord (Yasser Arafat en tête). Bien évidemment, le Hamas et les Brigades des martyrs d’’ Al-Aqsa estimèrent que cet accord constituait quelque chose d’inacceptable.

Les points essentiels de l’accord :

Objectif :
l'accord final engageait les deux parties à renoncer à toute nouvelle revendication. Il remplaçait toutes les précédentes résolutions de l'Organisation des Nations unies (ONU).
L'Etat palestinien : il était constitué aux côtés d'Israël, conformément aux frontières de 1967, avec certaines modifications.

Colonies :
selon des négociateurs, Israël restituait 100 % de la bande de Gaza et 97,5 % de la Cisjordanie : il annexait les 2,5 % restant pour regrouper les blocs de colonies à Gush Etzion (sud de la Cisjordanie) et dans le périmètre de Jérusalem. En revanche, les colonies d'Ariel (nord), Efrat et Har Homa (sud) faisaient partie de l'Etat palestinien. En échange des secteurs de la Cisjordanie qui restaient sous son contrôle, Israël transfèrait à l'Etat palestinien des zones du Néguev adjacentes à la bande de Gaza.

Jérusalem :
la ville était la capitale de l'Etat d'Israël et de l'Etat palestinien. La souveraineté y était partagée sur la base du principe proposé par le président américain William Clinton : est israélien tout ce qui est juif, est palestinien tout ce qui est arabe, musulman ou chrétien. L'Etat palestinien contrôlait donc la Vieille Ville, sauf le Quartier juif et le Mur des Lamentations. L'Esplanade des mosquées était sous souveraineté palestinienne avec un libre accès, supervisé par une force internationale, pour toutes les autres confessions - mais les juifs n’étaient pas autorisés à y prier. Les fouilles archéologiques n’était pas non plus autorisées sur le site.

Réfugiés :
sauf quelques dizaines de milliers autorisés à revenir en Israël, ils ne pouvaient pas exercer leur "droit au retour" - formule absente du texte de l'accord - que dans l'Etat de Palestine ou vivre dans d'autres Etats de la région.
Sécurité : les Palestiniens s'engageaient à démanteler les infrastructures terroristes et à combattre le terrorisme comme l'incitation à la violence. L'Etat palestinien était démilitarisé et les points de passage étaient supervisés par une force internationale.

Voir le texte de l’accord entier sur:
http://www.aidh.org/Actualite/Act_2003/Images/initiative-fr.pdf

[1] Voir à propos de la formation de l’Etat israélien le second cours la géopolitique de la Méditerranée (donné à l’Université Populaire de Boston le 11/9/2007)

[2] Voir à ce propos l’article du Monde sur la colonisation in Update du cours Israél-Palestine I.

jeudi 15 novembre 2007

Mises à jour du séminaire sur le conflit Israélo-Palestinien I.

1. La colonisation.

Selon un article du Monde du huit novembre 2006, les colonies israéliennes continuent de se développer en Cisjordanie. Cet article de base sur un rapport de l'organisation non gouvernementale israélienne La Paix maintenant, publié le mercredi 7 novembre, la construction bat son plein dans 131 implantations. Quatre-vingt-huit sont situées à l'ouest de "la barrière de sécurité" construite par Israël en terre palestinienne, principalement dans les grands blocs à la périphérie de Jérusalem et quarante-trois autres à l'est du "mur".

267 500 Israéliens vivent à présent dans les implantations construites dans les territoires palestiniens. En outre, cette augmentation s'effectue au rythme annuel de 5,8 % alors que la progression démographique n'est que de 1,8 % en Israël. Les conséquences sont donc que plus le temps passe, plus la Cisjordanie est grignotée par la colonisation, ce qui rend de plus en plus improbable la création d'un Etat palestinien viable de part la configuration de la carte en peau de léopard de la Cisjordanie.

Pour poursuivre : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-976003@51-891944,0.html


2. La diaspora Palestinienne

Depuis 1948, première guerre israélo-arabe, les Palestiniens ont connu plusieurs vagues d’exil et différentes terres d’accueil. Aux réfugiés de 1948, il faut ajouter les centaines de milliers de déplacés de 1967. L’ensemble de ces Palestiniens de l’exil forment la diaspora palestinienne. La population totale palestinienne dans le monde en 1998 s’élevait à 8 041 569 de personnes. Les Etats-Unis et les pays du Golfe demeurent les principaux lieux d’installation des expatriés palestiniens dans le monde (à l’exception de la Palestine, du Liban, de la Syrie et de la Jordanie).


http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/proche-orient/diaspora au 1er janvier 2006

Sources : Palestinian Central Bureau of Statistics ; Elia Zureik, Palestinian refugees and the peace process, Institute for Palestine Studies, Washington DC, 1996 ; Kathleen Christison, « The American experience : Palestinians in the United States », Journal of Palestine Studies, Washington DC 1992 ; Sari Hanafi, Les hommes d’affaires palestiniens de la diaspora et la construction de l’entité palestinienne, Cedej, Le Caire, 1997 ; Yassin Abdul-Qader, The Palestinians in Egypt, Shami Center, Ramallah 1996.


Carte: http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/refugiesdiasporapaldpl2000


Sur les 3,6 millions de réfugiés palestiniens que compte le Proche-Orient en juin 1999, un tiers vivent dans les camps, et plus de la moitié hors de Palestine, dont une majorité en Jordanie, premier pays d’accueil. Pour tous se pose, depuis la première vague d’exil en 1948-49, la question du droit au retour.
Sources : Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).


Carte: http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/refugiespalestiniensdpl2000


3. L’aide américaine à Israël


L'appui des Etats-Unis à Israël est public et de l’ordre de trois milliards de dollars par an, comme l’Egypte (ces transferts datent des accords de Camp David en 1979).
Ils devraient être retranscrits sans ambiguïté dans les documents qui rendent compte des transferts d'armement au niveau mondial (i.e. des séries statistiques, voir à ce sujet Clyde R. Mark, "Israël : U.S. Foreign Assistance", CRS Issue Brief for Congress document N°IB85066, 18 pages, 12 juillet 2004).


Or, l'examen de l'ensemble des données disponibles aboutit à un certain flou. Si l'aide publique américaine peut être située, bon an mal an, à environ trois milliards de dollars, de plus en plus tournée vers l'aide militaire, en revanche l'utilisation de ces crédits et la nature des transferts d'armement restent nimbés d'incertitudes qui dissimulent les affectations.
Aide publique des USA à Israël en millions de dollars

total
(dont aide militaire)
1997
3 132
(1 800)
1998
3 080
(1 800)
1999
3 010
(1 860)
2000
4 129
(3 120)
2001
2 876
(1 976)
2002
2 848
(2 040)
2003 estimé
3 741
(3 086)
2004 estimé
2 687
(2 147)

Source : Hébert, JP. « Israël, les Etats-Unis et les armes : une obscure transparence », in Le Débat Stratégique Nº76 - Septembre 2004


4. Bibliographie

Baron X. Les Palestiniens, genèse d'une nation, éd. du Seuil, 2003
Chaliand G. Voyages dans 40 ans de guérillas, éd. Lignes de repères, 2006
Encel F. Géopolitique de Jérusalem, Flammarion, 1998
Encel F. Le Moyen-Orient entre guerre et paix. Une Géopolitique du Golan, Flammarion, 1999
Encel F. Thual F. Géopolitique d’Israël, Seuil, 2004
Encel F. Géopolitique du sionisme, Stratégies d'Israël, Armand Colin, 2006.
Laurens H. La Question de Palestine I, l'invention de la Terre sainte 1799-1922 et La Question de Palestine II, Une mission sacrée de civilisation 1922-1947, Fayard, 1999-2002

Corm G. Le Proche-Orient éclaté, Gallimard, 1999

dimanche 11 novembre 2007

Introduction à la géopolitique de la Méditerranée


Introduction

Rappel de la définition de la géopolitique.
Rappel des méthodes de l’analyse géopolitique: comparaisons, dialectiques des échelles (diatopes), dialectique des temporalités, représentations des acteurs.
Rappel de la théorie du cloisonnement de l’espace : relation, dialectique entre circulation et iconographie.

Définition de l’ensemble Méditerranéen ? pb ordre méthodologique : Etendue marine + l’ensemble des Etats baignés par la mer Méditerranée ? Une partie de ces Etats : La France, le Portugal, le Maroc, la Turquie ? Doit-on inclure la partie asiatique de la Turquie, la Mer Noire ?
Carte physique : un ensemble naturel géologique, dont les limites sont elles indiscutables è la mer au milieu des terres : ce nom éminemment géographique lui a été attribué au XVIe siècle par les géographes européens (= invention scientifique de la Méd. Du fait des grandes découvertes car auparavant on disait la Mer tout court) après que les grandes découvertes des navigateurs leur aient fait prendre conscience de la singularité de cette étendue marine située entre trois continents. Bordée d’un liseré de plaines bordées de montagnes CARTES PHYSIQUE
Carte climatique : limite climat Méditerranéen + climat Méditerranéen semi aride. CARTE CLIMAT + OLIVIER
Carte de l’Olivier : trop restreinte (environ de Lyon en France) ==> donc prendre environ 1000 km NS et Mer Noire, soit 5000 km EW

Cartes historiques de l’empire romain de Constantin, mare nostrum, importance des héritages historique et des échanges sur plus de 2000 ans jusque l’importance des relations coloniales et post-coloniales : CARTE EMPIRES ROMAINS + CHRISTIANNISME + MONDE MUSULMAN + FRANCOPHONIE.

Donc: configurations historiques et physiques : un littoral peuplé qui porte la trace des héritages des civilisations de la Méditerranée antique ==> certaine unité du milieu et dans une mesure historique, des traits communs "La Méditerranée n'est pas une frontière, mais un lieu d'échange". Braudel (1949), mais en réalité, l'histoire géopolitique de la Méditerranée est discontinue, oscillant entre des périodes de mare nostrum, bénéfiques au niveau de vie des populations par les enrichissements réciproques permis par les échanges, et d'autre part plutôt mare clausum, lors de temps obscurs peu propices à l'amélioration des conditions de vie et ayant même des effets récessifs. Ainsi, cette mer entre les terres, selon son étymologie, a rempli des fonctions de porte ou de barrière entre ses peuples riverains.

Donc L’ensemble Méditerranéen de part déf. géologique et historique = ensemble des pays riverains + 1000 km N / S et 500 km E / W donc Méd + mer Noire et les pays riverains

A-t- elle donc une unité géopolitique ? Lignes de forces géopolitiques peuvent-elles être réunies en une problématique / une grille de lecture géopolitique qui peut s’appliquer à la Méd. ?

(i) Unité : un ensemble géopolitique Méditerranéen ? (ii) Diversité : des situations singulières ;
(iii) Typologie : différents types de conflits dans l’ensemble géopolitique Méditerranéen

1. Unité : un ensemble géopolitique Méditerranéen ?

a. Un déplacement des zones de conflits dans le monde


b. Comparer les Méditerranées


2. Diversité : des situations singulières

a. liste des conflits


b. Israël – Palestine


3. Typologie : différents types de conflits dans l’ensemble géopolitique Méditerranéen.

a. De la crise au conflit ==> vocabulaire


b. Des conflits symétriques et dissymétriques


c. Conflits de basse intensité :


Conclusion : Apaiser les tensions :

De nombreux conflits dans cette zone Méditerranée, en relation avec le grand nombre d’Etats qui se font face séparés par une étendue marine de taille moyenne. Ces relations entre Etats sont potentiellement nombreuses et conflictuelles car traversées par des lignes de forces qui sont des interfaces, des zones de contacts entre grands ensembles : pays colonisateurs / pays colonisés - monde musulman / monde chrétien - Europe / monde Arabe – Nord / Sud – OTAN - non OTAN - ex. Pays traversés par le rideau de fer è unité géopolitique et potentialité potentiel conflictuelle

Cependant ces conflits sont diverses ==> Typologies de conflits différents : Conflits symétriques, dissymétriques et de basse intensité. Les conflits symétriques ont dégénéré en conflits dissymétriques qui sont les plus nombreux


Régler les conflits majeurs : Israël-Palestine et Irak

Menaces aux frontières européennes, le statut du Kosovo ==> facteur de déstabilisation

Traiter les causes de l’Islamisme : développement, post-colonialisme, démocratie… è Relancer le partenariat euro-méditerranéen è objet d’autre séminaire

dimanche 4 novembre 2007

Eléments de bibliographie sur la Méditerranée

La liste ci-dessous se contente de quelques ouvrages généraux
AFAYA N. 1997, L’occident dans l’imaginaire arabo-musulman, les éditions Toubkal, Casablanca, 139 p.
BRAUDEL F. 1997, La Méditerranée, l’espace et l’histoire, Paris, Flammarion.
BRAUDEL F. La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque dePhilippe II, 1re édition, Paris, Armand Colin, 1949
CHEBEL M. l’imaginaire arabo-musulman, PUF, 1993
BETHEMOND J. Géographie de la Méditerranée, Armand Colin, 2000
BORNE D. et SCHEIBLING J. (dir): La Méditerranée, Carré Hachette, 2002
Baron X. Les Palestiniens, genèse d'une nation, éd. du Seuil, 2003
CHALIAND G. Voyages dans 40 ans de guérillas, éd. Lignes de repères, 2006Encel F. Géopolitique de Jérusalem, Flammarion, 1998
Encel F. Le Moyen-Orient entre guerre et paix. Une Géopolitique du Golan, Flammarion, 1999
Encel F. Thual F. Géopolitique d’Israël, Seuil, 2004
Encel F. Géopolitique du sionisme, Stratégies d'Israël, Armand Colin, 2006.
Laurens H. La Question de Palestine I, l'invention de la Terre sainte 1799-1922 et La Question de Palestine II, Une mission sacrée de civilisation 1922-1947, Fayard, 1999-2002Corm G. Le Proche-Orient éclaté, Gallimard, 1999
LIEUTAUD J. (dir) Une mer entre trois continents : la Méditerranée, Ellipses, 2001
KAYSER B. Méditerranée, une géographie de la fracture, Aix, Edisud, 1996
LACOSTE Y. « La Méditerranée », Hérodote n. 103, Géopolitique de la Méditerranée, quatrième trimestre 2001
LACOSTE Y. Géopolitique : la longue histoire d’aujourd’hui, Larousse, 2006
LACOSTE Y. Géopolitique de la Méditerranée, Armand Colin, 2007
MUTIN G. Géopolitique du monde Arabe, Ellipses, 2001
MACCALIA F. « Limites et frontières de l’espace mafieux sicilien », in Méditerranée (ss/dir de Gervais-Lambony MA), Belin, 2002, p 119-121.
PREVELAKIS G. Les balkans, culture et géopolitique, Natahn, 1994
TROIN J.F. (ed.), Maghreb Moyen-Orient mutations, SEDES, Paris, 1995, 348 p.

dimanche 28 octobre 2007

Eléments de bibliographie générale en géopolitique

BADIE B., 1995, La fin des territoires, Paris, Fayard
CLAVAL, P, Géopolitique et géostratégie. La pensée politique, l'espace et le territoire au XXe siècle. Paris, Nathan, 1994 *
FOUCHER, M, Fronts et frontières. Un tour du monde géopolitique. Paris, Fayard, 1988
CHAUPRADE A., 2002, Géopolitique, Constantes et changements dans l'histoire, Paris, Ellipses, 911 p. [2e édition 2003].
DOLLFUS Olivier, La nouvelle carte du monde, Paris, PUF, coll. « QSJ ? », 1997, 126 p.
DURAND Marie-Françoise, LEVY Jacques, RETAILLE Denis, 1992, Le Monde espace et systèmes, Paris, Presses de la FNSP & Dalloz, 565 p.
FUKUYAMA F., 1992, The End of History and the Last Man, New York, Free Press.
GOTTMANN J., 1952, La politique des États et leur géographie, Paris, Armand Colin.
GOTTMANN J., 1955, Éléments de Géographie Politique, Paris, Les Cours de Droit.
GOTTMANN J., 1966, Essais sur l'Aménagement de l'Espace habité, Paris, Mouton.
GOTTMANN J., 1973, The Significance of Territory, Charlottesville, The University Press of Virginia.
HUNTINGTON S., 1996, The clash of civilizations and the remaking of world order, New York, Simon & Schuster.
LACOSTE Y., 1985, La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre, Paris La Découverte, 215p. [1ère éd., Paris, F. Maspéro, 1976].
LACOSTE Y., 1995, Dictionnaire de Géopolitique, Paris, Flammarion, 1699 p. [1ère éd., 1993].
PREVELAKIS G., 1996, "La notion de territoire dans la pensée de Jean Gottmann", Géographie et Cultures, no 20, pp.81-92.
PREVELAKIS G., 2001, “Circulation/Iconographie contre Homme/Nature: Jean Gottmann et la «délicatesse de la causalité»” in P.-J. Thumerelle, Explications en géographie. Démarches, stratégies et modèles (Paris, SEDES), pp. 40-55.
SOPPELSA Jacques, BATTESTI Michèle, ROMER Jean-Christophe, 1988, Lexique de Géopolitique, Paris, Dalloz, 277 p.

samedi 13 octobre 2007

Introduction à l'histoire et aux méthodes de la géopolitique

Friedrich Ratzel

Jean Gottmann


Yves Lacoste

Paul Vidal de la Blache




Introduction

« Toute action politique est localisée quelque part à la surface du globe et se développe en fonction de conditions inhérentes à cette localisation dans l’espace » (Gottmann, 1952, 17).

La géographie est étroitement liée à la politique. Une de ses branches, la géopolitique, étudie le rapport entre l'espace géographique et la politique. L'intérêt pour la géopolitique a diminué après la deuxième guerre mondiale. Cependant, à la fin de la guerre froide, la globalisation et les nouvelles menaces pour la sécurité ont remis l'espace géographique au premier plan. Les concepts et les analyses géographiques deviennent ainsi essentiels aux citoyens. Le but de ce cours est d'offrir une introduction générale à la géopolitique en expliquant les conditions de son développement, en montrant ses méthodes et en proposant un cadre théorique général pour analyser le rapport entre l'espace et la politique.

Le terme de géopolitique désigne de nos jours tout ce qui concerne les rivalités de pouvoir ou d’influence sur des territoires et les populations qui y vivent : rivalités plus ou moins pacifiques ou violentes entre des pouvoirs politiques de toutes sortes, pas seulement des Etats, mais aussi au sein de la plupart d’entre eux entre des groupes armés plus on moins clandestins.
Ces rivalités s’exercent pour le contrôle ou la domination de territoires géographiques de grande dimension ou de petite taille. Le cas d’Israël et de la Palestine démontre que, depuis plus d’un demi siècle, un conflit peut être acharné et très grave quant à ses répercussions internationales.
Les rivalités de pouvoirs ou d’influence sont, en outre, motivées par des représentations, objectives ou subjectives.

Nous voyons donc que la géopolitique traite des rapports entre pouvoir (rapport symétrique ou dissymétrique qui s’instaure entre deux acteurs en relations) et territoire. Le territoire étant définit par Denis Retaillé comme l’interface entre l’espace et de la société avec un jeu de distances (Denis Retaillé, 1997):
A l'intersection de l'espace et de la société, le territoire s'impose […] comme la forme spécifique de cette rencontre. […] Je pars donc de l'hypothèse dominante selon laquelle le territoire est un support d'unité et d'identité, par l'exercice de la fonction politique. Unité et identité me rappellent la seule définition possible du lieu, la définition en compréhension par la propriété de la distance nulle. Le territoire n'est-il pas une forme spatiale de la société qui permet de réduire les distances à l'intérieur et d'établir une distance infinie avec l'extérieur, par-delà la frontière ? L'interrogation peut se simplifier encore dans la formule suivante : le territoire est-il un lieu ? "(p. 116).

Pour jean Gottmann, le territoire est le territoire du politique, il est définit à partir de deux autres notions : l’espace géographique et le cloisonnement. En outre, d’après Prévélakis (1996) : "Le "cloisonnement" est la résultante de la tension circulation / iconographies. L’"iconographie" est la “force de résistance au changement. Elle est faite de symboles et d'icônes. Sa matière première est donc culturelle. […] ce n'est pas son contenu qui compte mais sa fonction. Une iconographie joue le rôle d'un lien solide entre les membres d'une communauté ou encore entre la communauté et son territoire. Une iconographie est beaucoup plus coriace qu'une représentation territoriale.”

Le territoire est ainsi le produit du cloisonnement de l'espace géographique : “Dans le monde cloisonné de la géographie, l'unité politique, c'est le territoire. Que ce soit l'ensemble du territoire national d'un Etat, ou bien l'ensemble des terres groupées en une unité qui dépend d'une autorité commune et jouit d'un régime donné, le territoire est un compartiment d'espace politiquement distinct de ceux qui l'entourent.” (Gottmann, 1952).

La question du contrôle des territoires par les États est au fondement de la géographie politique dont Friedrich Ratzel à la fin du XIXe siècle a jeté les bases dans sa Politische Geographie . Si la géopolitique qui en est l'une des héritières a pu faire figure de science instrumentalisée par les intérêts contingents des pouvoirs, et singulièrement ceux de l’IIIe Reich nazi, l'une et l'autre posent la question fondamentale de l'appropriation étatique du territoire.
Aujourd'hui où des phénomènes majeurs englobés sous le terme générique de globalisation ou de mondialisation viennent cisailler les modalités traditionnelles d'appropriation des territoires par les divers pouvoirs étatiques, il n'est pas inintéressant de s'interroger sur les transformations des ces modalités traditionnelles. Il s'impose de revisiter des concepts fondateurs de la géographie politique qui sont reconfigurés par les effets de diverses révolutions économiques et technologiques en particulier celles de l'agriculture, des transports et de la communication.
Ainsi, l’approche classique tenait surtout à l’opposition politico-militaire entre grandes nations ou entre blocs. Trois transformations changent la situation.
La première est la globalisation de l’économie et des cultures. L’international devient une donnée générale. L’horizon d’un nombre croissant d’acteurs s’internationalise. Les entreprises, les ONG, les institutions publiques dédiées à la sécurité ou au développement économique. Même les Ministères y sont désormais confrontés.
La deuxième transformation est celle des instabilités, devenues multiformes : prolifération des technologies de destruction massive, conflits ethniques, fondamentalismes religieux, crime organisé, cyber-délinquance etc.
La troisième tient à des modalités de gestion des crises et des territoires d’une complexité inédite. La variété des formes d’instabilité, qui peuvent se conjuguer sur certains territoires en ce qu’Alain Joxe appelle " crises systémiques " (mise en résonnance d’une série d’antagonisme différents, directeurs, d’environnement et résiduels, Bauchard, 1981), appelle des réponses publiques elle-même systémiques qui vont au-delà du seul ressort d’un Etat-nation (notions de gouvernance et de gestion des risques).

Dans cette longue épistémologie de la géopolitique, des auteurs pré-modernes, jusqu’aux penseurs contemporains, le fait que l'environnement influence d'une façon ou d'une autre l'existence humaine fut admis dès l'Antiquité et doit l'être encore de nos jours.
Mais la différence entre les premiers écrits géopolitiques et ceux d'aujourd'hui s'enracine dans la distinction entre l’idée d’un homme:
· gouverné par la nature ;
· limité par la nature ;
· affranchi de la nature.

C’est donc entre ces trois paradigmes que les théories géopolitiques vont osciller.
Ainsi, dans un premier temps, nous passerons d’un déterminisme géographique, courant d’Aristote à Ratzel, au possibilisme de Paul Vidal de la Blache.
Puis après la seconde guerre mondiale, nous verrons apparaître un déterminisme économique et idéologique (affrontement des blocs), ou historique plus récemment avec Huntington.
La géopolitique que je défends est possibiliste, elle n’enferme personne dans une posture a priori et prend en compte l’espace géographique comme une contrainte, une donnée, qui est sans cesse à relativiser. Elle s’inspire de la théorie du cloisonnement de l’espace de Jean Gottmann.

Epistémologie de la géopolitique : les grands penseurs géopolitiques

Antiquité: Hérodote et Aristote

A la renaissance : Bodin et Vauban

Au XIXe siècle:
Ratzel (1844-1904) et la Géographie Politique
Halford J. Mackinder (1861-1947) : la théorie du pivot
Alfred Mahan (1840-1904) : le chantre de la puissance navale
Paul Vidal de la Blache (1845-1918) : la géographie régionale
Karl Haushofer (1869-1946) : le temps des hégémonies
Spykman (1893-1943) : l’importance des franges continentales

Disparition et renaissance de la géopolitique

Les méthodes de la géopolitique

Les différents niveaux d’analyse spatiale : la dialectique des échelles.
Grande et petite échelle.
Les ensembles spatiaux
Six ordres de grandeur
Les intersections d’ensembles
Les diatopes
Les comparaisons
Les échelles temporelles :
Les représentations

La théorie du cloisonnement de l’espace, ou la pertinence des travaux de Jean Gottmann dans le monde d'aujourd'hui

L'espace géographique et sa division
Le potentiel de la circulation
L'invention de l'iconographie
L’iconographie est-elle un mécanisme de défense ?
Les idées de Jean Gottmann et guerre froide
La mondialisation comme la circulation généralisée
La question européenne, un dilemme iconographique.


Conclusion

Après une période de mondialisation rapide, les effets de la déstabilisation de la circulation commencent à devenir évidents. La résistance à la circulation se développe d'abord chez ceux qui perdent dans la mondialisation. Mais les effets de déstabilisation globaux se font sentir et menacent même les « gagnants » du jeu, de plus en plus les voix plaident en faveur de limiter la circulation et exigent de modérer la mondialisation.
Ainsi, nous ne devrions pas être étonnés si l’humanité, après ses grandes avances dans la circulation se pendant les décennies passées, commence maintenant à établir des obstacles au mouvement, et à développer des défenses iconographiques contre la déstabilisation.

Contrairement à l'idée que la mondialisation continuera indéfiniment, les idées de Jean Gottmann mènent à la prévision que nous entrerons bientôt dans une nouvelle période caractérisée par le protectionnisme, la xénophobie et la constitution des blocs régionaux, probablement antagonique économiquement et politiquement. Une nouvelle carte politique du monde est en fabrication.
L'Europe est l'une des questions principales de la conception de la carte du monde. Les défis de l'intégration européenne sont également clarifiés par l'utilisation des concepts de Gottmann.
La question de l'iconographie est donc la question européenne la plus critique des prochaines années. Pour cette raison, la discussion autour de l'identité européenne commence à se développer fortement, notamment autour du cas de la Turquie. Il n'y a aucune réponse facile à cette question puisque l'histoire européenne est caractérisée par un héritage très fort des iconographies nationales, qui sont moins les malléables de tous. La question européenne est, en conclusion, une question de division de l'espace géographique. Les Européens participent à la redéfinition de la carte politique du monde de la 21ème.